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"Cette rencontre restera à jamais gravée dans notre mémoire."

Antsiranana, Juillet 2012

 

 

Les premiers échanges entre la famille Lay et Valisoa

 

En octobre 2010, j’ai souhaité parrainer un enfant. Quand j’ai découvert le site de « Cœur et Conscience », j’ai eu tout de suite un coup de cœur : les différentes actions menées par cette association dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la nutrition, de l’accompagnement des enfants et des familles et de la protection de l’enfance correspondaient à mes attentes.

 

J’ai contacté très rapidement cette association et j’ai très vite concrétisé mon parrainage.

Voilà comment je parraine Valisoa depuis l’automne 2010, Valisoa est un petit garçon qui a maintenant 8 ans.

 

Depuis le début du parrainage, nous nous écrivons régulièrement. Nous partageons au travers de nos lettres des petits bouts de nos vies et nous avons ainsi appris petit à petit à nous connaître.

A l’automne 2011, nous avons décidé avec Jean-Luc, mon mari, et nos enfants Alice et Valentin de partir pour Madagascar afin d’aller à la rencontre de Valisoa, de sa famille et de toute l’équipe de Cœur et Conscience et aussi pour découvrir son pays. Cette visite doit nous permettre de concrétiser le parrainage de Valisoa. Au travers de ses lettres, nous nous sommes imaginés son environnement de vie, son quotidien mais cette rencontre va nous confronter à la réalité.

 

Le voyage pour Madagascar

 

Après plusieurs mois de préparatifs, le grand jour du départ est arrivé. Nous avons décollé de Roissy le 15 juillet 2012 pour Antananarivo. Nous avions choisi de parcourir les 1200 km qui séparent Antananarivo de Diégo Suarez avec une voiture de location que conduisait Gilbert. Durant une semaine, tout au long des RN4 et RN6 qui vont nous mener jusqu’à Diego Suarez, nous allons parcourir et découvrir des paysages variés et contrastés : hauts plateaux, plaines avec rizières, grandes plantations de cacao, d’ylang-ylang, de manguiers.... , forêts tropicales, région rocheuse des Tsingy.... La route était hormis les 200 derniers kilomètres. Le long des routes, nous avons croisé de nombreux malgaches à pied, à vélo, sur des charrettes tirées par des zébus... Ils se déplaçaient vers les marchés locaux, les points d’eau ou les zones de cultures.

 

Nous arrivons enfin le 21 juillet à Diego Suarez. Les émotions se bousculent : joie, impatience mais aussi un peu d’inquiétude. Notre rencontre avec Valisoa approche. Aussi, à peine nos bagages déposés à l’hôtel (nous avions choisi l’hôtel « Le Petit Paradis », non pas parce qu’il est tenu par Pierre, un français expatrié, mais surtout parce qu’il reversera une part du montant de notre séjour à l’association), nous nous rendons à l’association qui se trouve à proximité. Nous sommes samedi, tout est calme à l’association ! Après quelques minutes à patienter en compagnie du très sympathique gardien (nous nous excusons auprès de lui mais nous avons malheureusement oublié son prénom) nous avons la chance de rencontrer Isabelle et Amédée qui nous accueillent et nous accordent très gentiment un peu de leur temps pour nous expliquer la situation difficile de nombreuses familles malgaches. Nous nous donnons RDV pour le mardi 24 juillet après-midi, jour prévu pour notre rencontre avec Valisoa.

 

La visite de l’association

 

Le Mardi tant attendu depuis de longs mois arrive enfin... Isabelle nous accueille à nouveau. Elle nous fait visiter les locaux de l’association et nous détaille son fonctionnement. Nous faisons connaissance de toute l’équipe mais nous ne nous éternisons pas car de nombreuses familles attendent pour rencontrer les assistantes sociales, d’autres attendent pour leur RDV au cabinet dentaire. Des enfants patientent dans la bonne humeur en jouant à la balançoire. Plusieurs membres de l’association sont en pleine préparation des diplômes pour la première fête de fin d’année scolaire, d’autres réceptionnent une grosse livraison de marchandises nécessaires à la préparation des colis alimentaires ! Toute l’équipe est à pied d’œuvre, chacun dans son domaine, et c’est un gros contraste avec le calme du samedi après-midi !!!

 

Isabelle nous explique les actions et les projets de l’association dont certaines sont conduites par délégation du gouvernement Malgache ou d’autres ONG plus connues dont l’UNICEF :

– l’assistante sociale Soarifara conduit une étude sur la violence dont sont victimes les enfants à l’école (environ 67% d’enfants sont victimes de violences au cours de leur scolarité, pour faire baisser ce pourcentage, il faudra donner aux enseignants d’autres moyens pour assoir leur autorité),

– mise en place de familles d’accueil pour les enfants victimes de violences familiales,

– mise en place de programmes alimentaires,

– l’ouverture d’un cabinet dentaire propre à l’association et réservée aux familles des enfants parrainés. Après une année de fonctionnement, le pourcentage d’actes qui aboutissent à une extraction dentaire est passé de 70% à 30% !

– la création d’un cabinet médical au sein de l’association pour limiter le coût des consultations médicales des enfants et de leurs familles. Durant notre visite, Amédée recevait un médecin qui faisait acte de candidature sur le poste ouvert. Pour contribuer modestement à la création du cabinet, nous avions apporté dans nos valises un petit colis de matériel médical …

 

La rencontre avec Valisoa et sa famille

 

Voilà maintenant l’heure de notre RDV avec Valisoa !!!

C’est dans la belle 4L de l’association que nous prenons la direction de Mahatsara, quartier défavorisé de Diego. Nous sommes 6 dans la voiture, nous 4, le chauffeur et Martine, une des assistantes sociales de l’association qui nous accompagne. C’est Martine qui nous servira d’interprète et qui nous permettra de communiquer avec la famille de Valisoa. Nous la remercions chaleureusement car elle a facilité l’échange par sa disponibilité, sa gentillesse et ses sourires. Le quartier de Mahatsara est un quartier informel où les maisons sont bâties en tôles sur un petit lopin de terre. Le quartier est quadrillé par des chemins de terre défoncées et pour certaines insalubres.

 

Après cinq minutes de trajet dans le quartier, nous arrivons enfin devant la petite maison de Valisoa. Un sentiment de joie couplé à un certain stress nous envahissent. Eliane, la maman de Valisoa, vient à notre rencontre, accompagnée des deux grandes sœurs de Valisoa : Natacha et Nantanaina. Valisoa les suit à quelques mètres et paraît très intimidé. Je retrouve le petit garçon que j’avais découvert sur les photos : frêle, de grands yeux noirs et brillants de malice, de longs cils noirs. Eliane nous invite très gentiment à entrer dans sa maison. Comme les autres maisons du quartier, elle est construite en tôles sur une ossature bois . Toute la famille vit dans deux pièces d’une surface totale de 18-20 m². La première pièce est la cuisine : un réfrigérateur, un plan de travail improvisé, pas de table, ni de chaises, ni d’eau courante. C’est Valisoa qui va chercher l’eau à la fontaine du quartier. La deuxième sert à la fois de pièce de vie et de chambre : 5 tabourets bas bien rangés la journée, 2 lits, un petit meuble sur lequel est installée une petite télévision. Chaque pièce est éclairée par une fenêtre et le soir, la famille peut allumer une ampoule au plafond. Malheureusement, comme toute la ville de Diego-Suarez, la famille est victime des longues coupures d’électricité quasi-quotidiennes... Comme toutes les maisons du quartier, sans groupe électrogène, il ne reste que la bougie en guise d’éclairage. Pour cette maison, la famille paye un loyer de 30 000 Ar.

 

 

Même si nous nous y étions mentalement préparés, nous prenons conscience des besoins et des difficultés de la famille. Leur quotidien doit être particulièrement rude et compliqué.

 

Eliane, très gênée, s’excuse car son mari, Stanislas, ne peut pas être présent. Stanislas est tailleur de pierre et son patron n’a pas voulu le libérer pour l’après-midi. Nous n’aurons pas de mal à le pardonner tant nous savons que son travail est vital pour toute la famille. En effet, Stanislas est le seul à travailler pour un salaire mensuel de 160 000 Ar. Eliane reste à la maison pour s’occuper de Natacha qui a de gros problèmes de santé qui l’empêchent d’aller à l’école. La famille ne peut pas faire soigner Natacha car les médicaments sont trop onéreux...

 

Eliane est une maman douce et réservée qui a été digne et courageuse de demander de l’aide auprès de l’association. En effet, la situation était trop difficile pour la famille, difficultés sanitaires, un petit salaire et des charges lourdes : loyer, alimentation, les frais de scolarité de Valisoa qui venaient s’ajouter à ceux de Nantanaina ... Durant la conversation, à plusieurs reprises, Eliane nous confirmera combien le parrainage l’a aidé et est devenu la source d’espoir de la famille. Comme exigé dans les critères d’éligibilité de l’association, Eliane est très attentive à l’éducation de ses enfants et elle les aide autant qu’elle le peut (Eliane a quitté l’école après le primaire, Stanislas est allé au Collège). Pendant notre discussion avec Eliane, Valisoa reste très discret, il est en fait très intimidé. Dans sa dernière lettre, il m’avait raconté qu’il élevait deux poules, aussi, pour le détendre et le décrisper un peu, je lui demande si ses poules ont bien grandi. Alors, Valisoa, grand sourire aux lèvres, part en courant pour attraper les 2 poules et nous les montrer avec beaucoup de fierté ! D’autant plus fier que c’est lui qui s’occupe des 2 poules et les nourrit tous les jours avant d’aller à l’école (on verra dans la cuisine, une petite poche avec au maximum 500 g de grains de maïs, contrairement aux canards, les poules présentent l’énorme avantage de réussir à trouver seules leur nourriture...).

 

Valisoa nous parle alors de l’école et des efforts qu’il fait pour réussir et nous montre ses cahiers. Pour « garantir » la continuité du parrainage, Eliane va au-delà des exigences de l’association . A l’issue du premier trimestre, elle a pris pour Valisoa un cours supplémentaire payant pour le soutenir et l’aider à améliorer ses notes car Valisoa était en difficultés. Eliane sait que c ’est un très grand sacrifice mais elle sera récompensée des efforts financiers de la famille puisque nous venons d’apprendre que Valisoa sera retenu parmi les enfants méritants de la fête de fin d’année scolaire organisée par l’association ! En effet, il recevra les encouragements pour les progrès qu’il a fait durant l’année scolaire. Toutefois, il nous faut garder le secret pour que la surprise ne soit que plus belle ! Nous le félicitons donc pour son année scolaire et l’encourageons chaleureusement à poursuivre ses efforts.

 

Avant de quitter cette famille attachante, nous offrirons quelques cadeaux à toute la famille. Hormis quelques petits jeux pour Valisoa (billes, dominos,livres), nous avons uniquement retenu des « présents » utiles : colis alimentaire préparé par l’association (15 kg de riz, 2 kg de sucre, 2 litres d’huile, savons, dentifrice...), vêtements, livres et fournitures scolaires. Nous avons aussi préparé un livre de photos de nos familles pour que Valisoa garde un petit souvenir de cette rencontre. Malgré la dignité qui reste de mise, nous sentons bien que ces petits cadeaux sont importants pour leur quotidien.

 

 

Un voyage instructif et riche en émotion.

 

Notre rencontre s’achève, il est l’heure pour nous de partir : embrassades, échanges de sourires, jeux de mains avec Valisoa ! Nous repartons heureux d’avoir fait la connaissance de Valisoa et de sa famille et d’avoir partagé ces quelques heures avec eux. Cela restera pour nous un moment unique, émouvant et à jamais imprimé dans notre mémoire. Nous n’oublierons pas ces regards tout d’abords timides et curieux, ces instants de réserve et pudeur, ces beaux sourires. Nous gardons en mémoire que pour une famille d’un bidonville de Diego-Suarez, recevoir la visite d’une famille européenne est des plus improbables, cela pourra expliquer leur réserve qui n’est peut être pas que de la timidité.

 

Au long de notre voyage, nous avons pris conscience de la grande précarité dans laquelle vivent de bien trop nombreuses familles malgaches, de leurs besoins, des difficultés qu’elles rencontrent pour préparer au moins un vrai repas quotidien équilibré, de leur précarité sanitaire (insalubrité des habitations, accès aux soins médicaux ou dentaires...). Malgré ces difficultés, entraide et solidarité sont des valeurs ancrées dans la culture malgache, elles sont symbolisées par le mot : « Fihavanana ». Ce sont aussi ces deux valeurs essentielles que « Cœur et Conscience » s’évertue à transmettre. Le travail de cette association maintenant ancrée dans le paysage humanitaire de Diego Suarez est porteur d’espoir pour de nombreuses familles. Pour nous, le nombre de familles qui attendaient mardi 24 juillet 2012 pour enregistrer un dossier de demande de parrainage ou pour des soins dentaires est un symbole fort de cette réussite humanitaire (à ce jour 580 enfants sont parrainés et donc 580 familles sont aidées).

 

A ce titre, nous voulons remercier chaleureusement Amédée, Isabelle et toute l’équipe pour leur extraordinaire travail, leur générosité et leur enthousiasme (même si les conditions de travail ne sont pas tous les jours faciles).

 

Un grand et sincère merci à tous !

 

Nathalie, Jean-Luc , Alice , Valentin



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