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Le voyage le plus riche humainement que j'ai vécu !

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11septembre

Le voyage le plus riche humainement que j’ai vécu !

Mercredi 25 juillet 2012, 8 h 

Je suis à l’aéroport de Roland Garros avec Joël. Nous rencontrons Jean-Luc, Christine, Cécile, Philippe, Jean Yves et Tiloun. Nous allons à Madagascar, à Diego Suarez exactement. Jean Luc nous emmène sur place faire connaissance et voir les actions de l’association « Coeur et Conscience ». Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend, je ne me pose pas beaucoup de questions. Je sais qu’elle sollicite les gens pour parrainer des enfants, que les élans s’essoufflent et que l’action souhaite redynamiser tout cela.

Arrivée à Diégo. Les bagages posés, après nous être restaurés, nous voici en route pour le siège de l’association. La pauvreté se voit : à l’état des maisons, des routes, des voitures, des petites « échoppes » ça et là sur les trottoirs. Amédée nous accueille avec un grand sourire, des enfants jouent sur une balançoire, il y a des rires, des mamans attendent, assises sur un banc, sous la varangue. Isabelle, qui travaille sur place, celle qui, je le verrai plus tard, est capable de gérer dix choses à la fois, nous rejoint. La visite commence.

« Dans la case en falafa qu’un de nos employés vient de faire nous faisons des formations pour les mamans, les papas et les familles d’accueil : hygiène, éducation, santé... » Familles d’accueil ? Oui, certains de ces enfants, maltraités, abandonnés, doivent être placés dans des familles. Celles-ci sont rigoureusement sélectionnées. Le CRF (Comité de représentants des familles), commission composée essentiellement d’une dizaine de femmes malgaches de l’association participe à beaucoup de décisions.

C’est un côté que je ne soupçonnais pas.

La visite continue. Dans ce bureau, les parents viennent déposer le dossier pour la demande de parrainage. Ensuite il y aura plusieurs enquêtes avant que la commission prenne une décision. Voilà le comptable, les assistantes sociales, ici c’est la partie qui s’occupe de la pédagogie. Dans les bureaux, employés, parents, enfants, travaillent, attendent, discutent. Des jeunes filles rentrent des notes sur les bulletins qui seront transmis aux parrains et marraines.

Le matériel (ordinateurs, groupe électrogène) est de qualité. C’est un choix nous explique Amédée qui n’arrête pas de nous parler, de donner des chiffres, en 5 ans nous sommes passés de 5 à 600 enfants, de 2 à 30 employés. Nous essayons d’employer des mamans ou des papas en difficulté. Je trouve cela forcément judicieux.

Nous arrivons devant le cabinet dentaire, le meilleur du Nord de Madagascar parait-il. 8000 patients y ont reçu des soins depuis 2 ans, les familles payent une petite part. C’est elles qui ont refusé la gratuité.

Un cabinet dentaire ? Oui, on s’est vite rendu compte que les enfants avaient des problèmes frôlant la catastrophe et qu’ils ne se faisaient pas soigner, faute de moyens. Le matériel nous a été donné par un dentiste de Bretagne, je ne vous explique pas les difficultés pour le réceptionner ici..

Et bientôt nous aurons peut-être un médecin ....

Je commence à être épatée. Je prends doucement conscience d’un arbre parti d’une graine, d’une première branche, une deuxième, une troisième et les ramifications qui s’étalent.

La visite se termine, nous avons tous, je pense, conscience d’’un énorme travail. J’ai le sentiment d’une bonne organisation, d’un grand respect réciproque, de beaucoup de dignité et d’une foi à toute épreuve !Nous allons maintenant visiter le gymnase où se déroulera samedi la remise des prix .30 enfants seront récompensés pour leur très bons résultats, devant des officiels, des parents et les autres enfants. Pas moins de 1600 personnes sont attendues. Joël et Tiloun animeront cette matinée.

L’organisation, le placement, sont revus en fonction des uns et des autres. Listing du matériel existant, du matériel à amener. Les employées de l’association écoutent les consignes. On dirait une ruche avec les abeilles qui rentrent, sortent, vont à droite, à gauche... On sent la concentration, le désir de faire pour que tout se passe bien. Nous rentrons à l’hôtel. La journée a été bien remplie.

 

Jeudi 26 juillet

 Nous visitons 3 familles aujourd’hui.

 La première vit dans un deux pièces faits de tôles bien usagées où passe la lumière par endroit. Nous sommes accompagnés d’une assistante sociale qui nous sert d’interprète. Ils sont assis au bord du lit qui occupe presque la totalité de la pièce. Nous avons du mal à nous tenir à 6 ! Les présentations faites, on leur demande l’autorisation de faire des photos pour le reportage qui suivra.

Ils ont 3 enfants, c’est la cadette qui est parrainée. Sa scolarité est donc assurée et les colis alimentaires qu’elle reçoit bénéficient donc à toute la famille. Le père a eu un accident et a été amputé in extremis d’une jambe, grâce à l’association il a pu bénéficier de médicaments et être appareillé.

La maman qui faisait des samoussas ne peut plus travailler depuis l’accident de son mari. Le dialogue s’installe. Amédée demande si le père peut travailler un peu, s’ils mangent 3 repas par jours. Ils ne se plaignent pas, ils remercient « Coeur et Conscience ». Malgré l’évidente pauvreté ils sont tous propres et dignes.

Je réalise entièrement le lot de difficultés accumulées, l’une entraînant l’autre, une lente descente aux enfers. L’association a manifestement sauvé 5 vies, grâce à un parrainage, grâce à 25 euros par mois.

Education, assistance scolaire, assistance alimentaire, assistance médicale, assistance sociale. La théorie d’hier dans toute son application aujourd’hui. Nous réalisons tous combien cette famille a eu besoin de cette aide vitale, de cette main tendue. Je savais que j’allais probablement devenir marraine, maintenant j’en suis sûre !

 Le cadre de vie de la deuxième famille ne diffère pas beaucoup. Mêmes tôles usagées, même petite pièce. Un père et ses deux filles eux aussi assis sur un lit. Suite à un accident de plongée (c’est son métier), l’homme se retrouve paralysé. Sa femme le quitte. Le voici sans travail, sans femme avec deux filles de 8 et 9 ans ! Samia, l’aînée a 17 de moyenne générale, elle sera récompensée demain.

Sa réussite nous paraît d’autant plus remarquable, vu les conditions ! Le père explique qu’il dépanne des gsm pour gagner un peu d’argent, il dit que lorsqu’il n’a pas à manger la solidarité joue et les voisins leur ramènent un petit quelque chose.  

Pourtant il est évident, rien qu’en jetant un coup d’œil à l’extérieur, que ces voisins-là n’ont pas grand-chose ! Là aussi le rôle de l’association devient vital. A notre départ les fillettes souriantes s’accrochent au bras de Joël.

La troisième visite me touchera profondément. Je sais que cette maman restera dans mon cœur toute ma vie. Cette femme est, elle, assise sur un matelas par terre, le sol est en terre battue. Il n’y a qu’une « pièce », un petit garçon dort, et la petite Tina, qui a 8 ans mais en paraît 5 est elle aussi sur le lit. Tout est plus grave ici.

Je regarde Tina. Pas de sourire, elle nous écoute, regarde l’assistante sociale avec gravité. Elle est au bout du lit.

La solitude de la maman est bien réelle, pas de mari, sa famille l’a rejetée et lui en veut d’avoir fait des enfants car elle est handicapée ! Elle a été brûlée. Lorsqu’Isabelle est arrivée en urgence, le taudis était inondé avec présence de rats, Tina souffrait gravement de malnutrition et le petit Ezzhéchia d’une hernie ombilicale. Ils sont restés un mois à la maison d’accueil. Le petit a été opéré.

                         

Cette femme nous remercie, nous, étrangers, de faire ce que sa propre famille n’a jamais fait pour elle. Elle passe et repasse la main sur sa robe, pour dissimuler son émotion qui monte, mais je vois la gorge se nouer et les larmes couler. Elle les essuie. Elle dit « l’association a déjà tant fait pour moi, pour Tina, pour Ezzhéchia que même si parfois le soir nous n’avons plus à manger je n’ose pas le dire ! ».

Elle fait de la broderie : son matériel tient en une paire de ciseaux, et j’ai bien l’impression que c’est sur son matelas qu’elle travaille ! Maladroitement je lui dis quelques mots qui disent courage et espoir.

Elle dit : Oui, elle sait qu’il lui faudra du courage pour ses enfants. Amédée insiste : ils sont (l’Association) son espoir dans l’avenir.

Lorsque nous sortons de la maison pour la photo on réalise tous l’importance de son handicap. Nous nous en allons mais je laisse une parcelle de moi dans ce taudis.L’après-midi nous allons à la maison d’accueil. 10 enfants, aux blessures psychologiques différentes, sous l’œil d’une maman de substitution (Clairette) y vivent.

                    

Avec sa guitare Joël amène rapidement des sourires sur la plupart des visages, pas tous. Miaou, miaou ; la nuit dernière ... Une chenille dansante se forme. Amédée et Isabelle nous ramènent à une autre réalité : 2 euros par jour, par enfant sans compter le loyer. Ils voudraient en accueillir une vingtaine mais les fonds ne sont pas encore sûrs.

                               

La tâche est immense. Tous, nous réalisons le travail effectué. Je suis admirative devant tant d’audace, tant d’acharnement, tant de volonté. Mais ce que nous voyons réchauffe tellement le cœur que je comprends où ils prennent leur énergie !

Mes pensées reviennent sans cesse vers la maman d’Ezzéchia. Je veux faire quelque chose pour elle. Je veux devenir la marraine d’Ezzéchia.

Nous finissons notre journée dans le bureau du directeur des affaires régionales, Monsieur Bosco. Il nous explique à la fois son impuissance, son soutien, sa volonté d’aider l’association. Ses chiffres sont terribles, une vingtaine d’assistantes sociales pour 600 000 personnes dans la région Nord de Madagascar, aucun budget.. Il parle de fraternité, d’espoir.

Dans nos petites têtes nous essayons des questions, pourquoi n’y a t-il pas d’agriculture ? Pourquoi ne pas faire construire des petites cases ? Quel espoir pour l’avenir ?

 

Vendredi 27 juillet

 

                                       

Nous sommes à l’association Jean Yves, Philippe, et les Iglicki rencontrent leurs filleuls respectifs. Le sourire éclatant et permanent de Christelle fait fondre Jean Yves.

J’annonce à Isabelle mon désir d’être marraine d’Ezzéchia. Mais... dans l’immédiat ce n’est pas possible, la maman doit déposer son dossier et ce n’est pas fait ! Puis elle me regarde en me disant : « j’ai des jumeaux dont personne ne veut depuis un an et demi .. Tu ne veux pas les parrainer ? Attends.. ». Elle part et revient avec la photo de deux petits garçons au sourire coquin ! Je suis déstabilisée. Non seulement je ne peux pas être la marraine d’Ezzéchia et on me propose deux autres filleuls. Je réfléchis et accepte mais lui rappelle mon désir sincère d’aider cette femme qui reste dans mon cœur depuis hier !

 

Samedi 28 juillet

A pied d’œuvre dès 7h ! Balance pour Joël, prise de contact avec les musiciens malgaches. Les enfants tous habillés de leur T-shirt blanc avec le logo de Coeur et Conscience arrivent, s’assoient sous les consignes des mamans, les officiels s’installent. Les discours s’enchaînent pendant une bonne demi-heure puis commence la remise des récompenses. Un à un ils arrivent, leur nom, leur moyenne sonne dans les baffles. Certains sont intimidés mais la plupart ont le pas résolu, la tête haute, à peine fiers ! Ils tiennent leur diplôme devant eux, ils reçoivent leur récompense : et 20kg de riz pour la famille ! Dire que ces enfants ont une vie à la limite de l’acceptable et qu’ils ont de tels résultats ne peut qu’être émouvant ! Après c’est la fête, musiciens malgaches et réunionnais s’unissent, Tiloun embarque les enfants et la danse démarre. C’est vraiment chaleureux, enfants, adultes dansent (les officiels sont partis), dansent et dansent. Au bout d’une heure il faut arrêter la fête. Les parents récupèrent le riz que leurs enfants ont gagné à la sueur de leur front ! Quel beau symbole d’espoir dans l’avenir !

                                             

                                              

Puis dirigées par les mamans les petits remplissent la forme dessinée au sol, et bientôt 600 enfants ne forment plus qu’un seul cœur ! Après les derniers applaudissements, en rang, bien sagement, ils récupèreront tous un petit sac contenant viennoiseries, yaourt, biscuit, fromage...

Nous rentrons les cœurs pleins de chants, danses, sourires....Pleins d’amour !

 

Dimanche 29 juillet

Un petit tour à Ramena dans la matinée avant de déjeuner à l’association où les mamans nous ont préparé un repas. J’admire ce beau pays, si riche et pourtant si pauvre. Encore un moment de partage, repas, chants, danses, regards, rires. Nous sommes des frères et nous nous retrouvons l’espace de ces brèves heures ! 

                                                    

La fête est finie, notre séjour également. C’est le voyage le plus riche humainement que j’ai vécu ! Mon cœur est plein, je ne suis pas triste. J’ai un peu peur d’oublier le visage de la maman d’Ezzéchia mais elle est dans mon cœur et j’ai confiance !

Fihavanana ! (Esprit de Solidarité en Malgache)

Merci à vous Amédée, Isabelle, Jean Luc et mamans malgaches de m’avoir fait vivre de tels moments d’humanité ! Et ... à bientôt !

 

Marie-Anne MANGLOU



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